Autrement appelé le gros œuvre, il s'agit de préparer le terrain en se débarrassant des éléments trop abimés ou anciens pour ensuite partir sur de bonnes bases avec la construction des murs, de la charpente et de la couverture.
Démolir complètement ou partiellement votre ancienne maison ?
Vous venez d'acquérir une vieille bâtisse datant du XVIIIe siècle ou début des années 1900 ? Il peut être tentant de vouloir la laisser dans son jus, surtout si elle a des particularités architecturales intéressantes.
Mais d'un point de vue sécurité, et pour que l'édifice soit pérenne, il faut penser à la capacité du bien à durer dans le temps, à sa résistance aux intempéries etc.
Vous allez alors soit démolir complètement le lieu en ne gardant que les façades, soit démolir partiellement votre habitat ancien pour le rénover à votre image. Attention au coût cependant, qui peut parfois être plus élevé en démolition partielle que de repartir sur un bâtiment neuf.
Réglementation, permis de démolir et seuil de l'architecte
Avant de saisir la masse, des démarches administratives sont incontournables. Les ignorer expose à des sanctions et peut bloquer la revente du bien.
Permis de démolir et déclaration préalable de travaux
Le permis de démolir est obligatoire dès lors que la construction est située dans un périmètre protégé (secteur sauvegardé, abord de monument historique) ou que la commune l'exige via son plan local d'urbanisme (PLU). Dans les autres cas, une déclaration préalable de travaux suffit si la surface modifiée reste limitée.
Avant tout démarrage, consultez le service urbanisme de votre mairie. C'est aussi l'occasion de vérifier s'il existe des canalisations de ville sous la zone à démolir (tout-à-l'égout, réseau de gaz, réseaux télécom), une information que la mairie peut vous fournir ou vous orienter pour l'obtenir.
Obligation de recours à un architecte dès 150 m²
En France, faire appel à un architecte est obligatoire dès que la surface de plancher dépasse 150 m² après travaux. En dessous de ce seuil, un maître d'œuvre ou un auto-constructeur peut piloter le projet, sous réserve des règles locales.
L'architecte n'est pas qu'une contrainte légale : il sécurise le projet, optimise les surfaces et peut vous faire économiser sur les matériaux en anticipant les quantités exactes. Son honoraire (généralement 8 à 15 % du budget travaux) est souvent amorti par les erreurs évitées.
Fourchettes de budget selon le type de travaux
| Type de travaux | Prix moyen au m² | À noter |
|---|---|---|
| Démolition cloison | 30 – 80 €/m² | Inclut la dépose et l'évacuation des gravats |
| Démolition mur porteur | 150 – 400 €/m² | Nécessite un bureau d'études structure + IPN |
| Reconstruction ossature bois | 800 – 1 400 €/m² | Plus rapide, moins de charges sur l'existant |
| Reconstruction maçonnerie | 1 000 – 1 800 €/m² | Meilleure inertie thermique, délais plus longs |
Bon plan : optimiser le budget matériaux
- Les bois de structure déclassés ou en déstockage chez Articonnex (chevrons, lambourdes, OSB) permettent de réduire de 40 à 60 % le poste matériaux de la reconstruction.
- Isolants, quincaillerie, plaques de plâtre : autant de lignes de budget à optimiser avec des fins de série disponibles en entrepôt.
Les étapes clés pour mener des travaux de démolition partielle
Un chantier de démolition bien conduit suit une logique précise : on sécurise d'abord, on démonte ensuite, on trie en parallèle. Voici les étapes dans l'ordre chronologique.
Diagnostics obligatoires avant travaux
Toute maison construite avant 1997 est susceptible de contenir de l'amiante. Un diagnostic amiante avant travaux (DAT) réalisé par un diagnostiqueur certifié est obligatoire dès lors que l'on touche aux matériaux potentiellement amiantés : flocages, calorifugeages, dalles de sol vinyle, toitures en fibrociment.
Pour les bâtiments antérieurs à 1949, le diagnostic plomb (CREP) s'ajoute. Ces diagnostics conditionnent les méthodes de dépose et les filières de traitement : on ne démantèle pas de l'amiante comme on abat une cloison en placo.
Diagnostics à réaliser avant de commencer
- Diagnostic amiante avant travaux (DAT), pour les bâtiments antérieurs à 1997
- Diagnostic plomb (CREP), pour les bâtiments antérieurs à 1949
- Diagnostic termites si zone à risque (carte préfecture)
- État des risques et pollutions (ERP) si zone réglementée
Repérage et coupure des réseaux
Avant le premier coup de masse, on coupe les réseaux qui traversent la zone à démolir : eau, électricité, gaz. Une cloison peut dissimuler un câble sous tension ou une canalisation en pression : cette étape est non négociable.
Munissez-vous des plans de l'installation électrique, ou faites intervenir un électricien pour identifier les circuits concernés. Pour le gaz, le réseau de distribution local (GRDF) intervient pour la consignation. Ne dérangez jamais une canalisation gaz sans avoir consigné le réseau en amont.
Méthodologie de dépose selon les structures
- Cloisons en plaque de plâtre (placo) : dépose à la main avec pied-de-biche. On récupère les rails métalliques pour le recyclage.
- Cloisons maçonnées non porteuses : pic ou burineur électrique, travail rangée par rangée depuis le haut. Arrosage léger pour limiter la poussière.
- Murs porteurs : uniquement après validation d'un bureau d'études structure et pose préalable d'un IPN ou linteau. Un mur porteur démoli sans reprise structurelle peut provoquer un effondrement partiel.
Tri sélectif à la source et logistique d'évacuation
Trier les gravats dès leur production sur le chantier évite des surcoûts de traitement et facilite l'accès aux filières de recyclage adaptées. Pour l'évacuation :
- Location de benne : adaptée aux gros volumes, nécessite une autorisation de voirie. Prévoir 300 à 600 € pour une benne de 8 à 15 m³.
- Big-bags (sacs de 1 m³) : plus souple pour les petites surfaces. Prix : 15 à 30 € par sac, hors enlèvement.
Démolir un mur ou une cloison : comment faire ?
Avant toute chose, parlons sécurité. On ne se lance pas dans une rénovation complète d'une maison ancienne sans les outils et accessoires nécessaires. On s'équipe alors :
- de lunettes,
- masque,
- et chaussures de sécurité.
Et oui, vous ne voulez pas recevoir de la brique ou du placo sur le coin de l'orteil !
Ensuite, pensez à vous munir de sacs de gravats, car vous allez générer énormément de poussières et autres graviers, petites pierres. Il faudra ensuite les emmener à la déchetterie ou faire venir une entreprise pour qu'elle vous libère de ce fardeau. Autre solution : la location de benne avec goulottes d'extraction, qui nécessitera des autorisations de la mairie pour stationner devant votre habitation le temps des travaux.
Enfin, on s'assure que la structure que l'on souhaite démolir n'est pas porteuse, c'est à dire qu'elle ne soutient pas les charges de votre habitation. Il suffit alors de tenter d'enfoncer un clou avec un marteau : si cela ne fonctionne pas, c'est un mur porteur !
Globalement, sachez qu'une cloison est toujours creuse, mais qu'elle peut contenir des passages de câbles ou tuyaux d'eau. Un mur porteur quant à lui est forcément plein et mesure au moins 15 centimètres d'épaisseur.
Voilà le moment tant attendu : on attrape une masse ou une pioche, et on cogne !
A noter que si vous avez des revêtements de murs, vous pouvez les déposer et les réemployer, ou les donner à des ressourceries locales.
Terminez enfin par la dépose des revêtements de sol, réemployables également malgré leurs préjugés : carrelage, planchers en bois... Vous pouvez faire des heureux ! N'hésitez pas à vous tourner vers des organismes locaux de réemploi pour qu'ils vous accompagnent là-dessus, car la déconstruction nécessite des compétences particulières.
A noter : selon l'emplacement de votre maison, vous allez peut être devoir acquérir un permis de démolir. La mairie impose cette réglementation pour éviter des accidents liés aux sous-sols (destruction de canalisations de la ville etc).
Les collectivités locales sont de plus en plus sensibilisées à la valorisation des déchets et des matériaux réemployables. En cas de doute, faites appel à elles, elles seront ravies de vous aider dans votre projet.
Comment évacuer vos déchets et gravats après des travaux de rénovation ?
Ca y est, vous avez détruit et déposé toutes les cloisons, murs et matériaux divers de réemploi. Maintenant, il va falloir passer à l'étape de l'évacuation des déchets et gravats et des matériaux recyclables ou réutilisables.
Et avant cela, leur tri ! Gravats d'un côté, bois de l'autre, plomberies diverses dans un autre coin, éléments récupérables dans un autre… Ayez les bons réflexes avant de jeter vos matériaux.
Il existe en outre 3 types de déchets :
- les déchets inertes : briques, pierres, parpaings, tuiles,
- les déchets non inertes et non dangereux : ferrailles, bois de charpente, planchers,
- les déchets dangereux : plastiques, isolants ou parties amiantées qui demandent un tri sélectif et une manipulation particulière.
Le recyclage sur site est favorisé, afin d'éviter la pollution avec divers allers-retours à la déchetterie ou dans des ressourceries locales.
Vous pourrez enfin soit vous déplacer vous-même, soit faire appel à des organismes pour qu'ils vous débarrassent de vos déchets en déchetterie. Mais cela a un coût. Rapprochez vous des entreprises locales pour connaître les tarifs pratiqués dans votre région.
Solutions constructives après démolition : ossature bois ou maçonnerie ?
Une fois le terrain débarrassé, vient le choix de la solution constructive. Deux grandes familles s'affrontent en rénovation de l'existant : l'ossature bois et la maçonnerie traditionnelle. Chacune a ses avantages selon la nature du projet et l'existant.
Avantages de l'ossature bois
L'ossature bois est particulièrement adaptée à la rénovation lourde pour plusieurs raisons :
- Légèreté : une structure bois exerce peu de charges sur les fondations existantes, idéal pour une surélévation ou une extension sur un bâtiment ancien.
- Rapidité d'exécution : les éléments peuvent être préparés en atelier et mis en œuvre rapidement sur chantier.
- Performance thermique : l'ossature bois facilite l'intégration d'une isolation continue sans pont thermique.
- Empreinte carbone réduite : le bois est un matériau biosourcé qui stocke le carbone, un atout dans les projets visant des labels BBC Rénovation ou HQE.
Caractéristiques de la maçonnerie traditionnelle
La maçonnerie en brique ou en parpaing reste la référence quand l'inertie thermique prime : elle accumule la chaleur le jour et la restitue la nuit, ce qui réduit naturellement les besoins en climatisation. Elle est aussi plus robuste aux impacts et aux risques d'incendie. En contrepartie, elle est plus lourde et plus lente à mettre en œuvre.
| Critère | Ossature bois | Maçonnerie traditionnelle |
|---|---|---|
| Poids sur l'existant | Léger, idéal pour une surélévation | Lourd, fondations à vérifier |
| Vitesse d'exécution | Rapide | Plus long (temps de séchage) |
| Performance thermique | Excellente avec isolation intégrée | Bonne inertie, isolation rapportée |
| Empreinte carbone | Faible (bois biosourcé) | Plus élevée (ciment, béton) |
| Matériaux déclassés utilisables | OSB, chevrons, isolants | Briques, parpaings, mortier |
Utiliser des matériaux de structure déclassés ou de réemploi
Quelle que soit la solution retenue, il est possible d'intégrer des matériaux déclassés ou en fin de série pour alléger la facture : chevrons, liteaux et panneaux OSB disponibles chez Articonnex pour l'ossature bois, briques et parpaings de déstockage pour la maçonnerie, isolants et quincaillerie à prix réduit pour les deux filières.
Pour aller plus loin sur les techniques de mise en œuvre, consultez notre guide complet sur la construction en ossature bois.
Articonnex vous accompagne dans vos projets de rénovation
Vous avez un projet de rénovation à venir ? N'hésitez pas à prendre contact avec notre équipe !
Nous vous accueillerons dans l'un de nos entrepôts-magasins avec grand plaisir !
Image à la une : KindelMedia via Pexels